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  • psychanalyse et spiritualité

     

    Psychanalyse et spiritualité: 

    Une rupture aux origines de l'invention 

      D'ordinaire, dans les sociétés psychanalytiques on évite soigneusement de faire se confondre psychanalyse et spiritualité. Ce fut là la cause d' une douloureuse et fatale blessure portée à l'amitié de  K.G.Jung et S.Freud; ce dernier s'étant farouchement opposé à tout rapprochement ou à toute évocation d'une parentée entre psychanalyse et occultisme. Le différent fut si grâve qu'il mit fin à leur amitié et leur collaboration et cliva définitivement la recherche analytique en deux branches rivales.

     Freud désirait faire de cette invention l'égale des sciences classiques et il n'entendait absolument pas qu'elle fusse confondue ou compromise par une analogie même lointaine avec les courants spirites ou orientalistes en vogue. Il s'agissait de crédibiliser cette nouvelle science médicale, de la hisser à la hauteur de la médecine somatique afin que son message génial soit enfin entendu et avec, le destin d'un nombre incalculables de malades et  bien souvent de femmes . Pour Jung cependant, assez vite, la spiritualité accompagna sa recherche psychanalytique, peut-être parce qu'il était le fils d'un pasteur et que, très précocément il avait fait une introspection des plus rares, mais il ne souhaitait  pas qu'elle devinsse non plus une métaphysique. Ce qui intéressait K.G.Jung c'était  "l'expérience intérieure", et celle décrite par les mystiques et les alchimistes fut pour lui un matériel passionnant, une somme colossale de témoignages quant à la vie de la psyché et des méthodes pour la transformer depuis des siécles. Il ne craint pas de théoriser le concept d'"individuation" qui est un cheminement du "moi" vers le sentiment de sa totalité, qu'il compare à la réalisation des mystiques: "le Soi".

      Françoise Dolto, quant à elle, ne cachait pas sa foi chrétienne qui joua un rôle important dans sa démarche intuitive auprès des petits enfants, soulignant leur choix personnel de naitre, comme la marque de leur libre arbitre, et elle n'hésitait pas à se hasarder à commenter les évangiles au regard de la psychanalyse. Dans d'autres ouvrages, elle évoqua aussi des  dialogues entre Carlos Castanéda et son mentor Don Juan pour décrire et conforter l'importance de l'initiation.  Extrême nécessité humaine d'accompagner et de symboliser le désir de l'autre qui s'explore et devient. Cependant les sociétés freudienne et lacanienne demeurent à ce jour toujours très rétiscentes à tout crédibilité du domaine spirituel tel qu'il est décrit d'une façon populaire. Leurs raisons sont pour une grande part les même que S.Freud en son temps, c'est-à-dire la nécessité que la psychanalyse ne soit pas confondue avec le" charlatanisme primitif des voyants et des médiums".   Bien sûr, depuis ses fondateurs, la psychanalyse a fait bien du chemin, dans tous les sens, et ses contradicteurs ont aussi grandement participé à sa légende. Qu'aurait pensé Freud de Tobie Nathan, vénérable enseignant de psychanalyse,  qui fait néanmoins appel, sans que cela ne soit qu'un simulacre ou un outil transférantiel, au panthéon des ancêtres et myriades de dieux tutellaires, esprits et djinns lorsqu'il reçoit des familles Africaines pour  corroborer l'expérience d'un des membres persuadé d'être ensorcelé? 

      Nous voyons que la psychanalyse est multiple. Parfois, elle est contradictoire. Ce qui se dit dans le cabinet, toutefois, entre l'analysant et son analyste dépasse toute théorisation et querelles de clocher, même les contreverses les plus respectables et les plus essentielles. Le plus souvent, l'analyste doit abandonner tout ce qu'il a appris pour écouter la personne qui vient consulter. Ecouter de tout son coeur, c'est- à- dire "avec toutes les dimensions de l'être", au delà de ce qu'il pense,  ou croit ; si il veut entendre et ressentir le désir de quoi il est question derrière le discours.

     

       Explorer le mystère:

    Un chemin sans nom à quoi l'on en donne un 

     Personnellement, je l'élude pas le sujet de la spiritualité avec les personnes qui y sont ouvertes. Et il m'arrive souvent de "mettre ça sur le tapis" avec celles qui n'en font pas mention. Je leur demande: "vous croyez qu'il y a quelque chose après la mort"?   Cette question est toujours très profonde. Je la pose parce qu'elle est fondamentale pour un être humain. Nous sommes évidemment un mystère et comme nous sommes des humains et pas des animaux, nous interrogeons le sens dans ce mystère. Cette question amène toujours des tentatives de réponses passionnantes. En la posant, tout se passe  comme si nous allions faire un tour "au-delà" du tabou de notre terminus, de l'idée limité de notre petite vie automatique et cela donne une toute autre perspective  au problème amené en analyse. 

     

      Un chemin dans le monde occidental: 

     ...où la question religieuse parait suspecte

       Pour moi la psychanalyse est une démarche profondément spirituelle, qui ne différe pas, ou peu de la méthode exploratoire du bouddhisme tibétain ou des exercices des Pères du désert ou encore des méthodes Soufi. C'est une "version" de l'initiation fait pour un monde matérialiste qui a désacralisé ses dieux et sa magie. Mais il n'en demeure pas moins que ces dieux et forces existent bels et bien, toujours et sous d'autres appellations  devenues moins poétiques, mais s'en référant à d'indéniables expériences de l'esprit au demeurant. Ces puissances mystérieuses continuent d'oeuvrer, souvent autonomes et ne se laissent pas aisément domestiquer dans "la linguisterie" comme le laissait entendre jacques Lacan.

       J'ai mené plus ou moins parallèlement mon chemin spirituel bouddhiste en retraites monacales et ma psychanalyse lacanienne et il y avait, de façon récurente, cet arrière fond de défiance envers la question religieuse. Comme j'étais encore jeune, je ne m'avançais pas trop à raconter dans ma séance ce que je considérais comme des expériences "trop bouddhistes". Je voulais que mon analyste (qui représentait ma part occidentale) puisse  recevoir et entendre cette expérience. C'était pour moi une question de vie ou de mort. Je m'imaginais qu'il ne pourrait pas comprendre si je ne lui traduisais pas en quelque chose qui tienne la route rationnellement. Je n'avais pas confiance car ce que j'expérimentais alors défiait la logique ordinaire. Rin n'était sûr mais cependant j'étais très lucide sur le fait qu'il y avait une nécessité à m'adresser à quelqu'un qui ne faisait pas partie de mon monde religieux, parce que j'allais devoir trouver un pont entre des continents philosophiques qui s'entrechoquaient dans ma psyché. C'était une question de traduction, d'interprétation; aléatoire certes, mais suffisante pour m'appuyer et avancer un peu plus loin. En articulant ce que j'expérimentais dans le profond, je trouvai le courage d'affronter l'inconnu, de me débrouiller dans cet angoissant défi. Ainsi, je symbolisai, par les mots, par le sens qui s'y loge, cette voie dont on évoque dans tous les textes la nécessité pour acceder à la paix.    La cure psychanalytique, tant bien que mal, s'est hybridée avec la voie bouddhiste (et je me rends compte en l'écrivant comme ce mot "hybride" me fait horreur. Or, je devrais plutôt entendre "e-bridée", puisqu'il s'agit d'unir l'Occident  avec l'Asie); Au début, il s'était surtout s'agit d'amalgamer deux choses qui semblaient comme de l'eau et de l'huile. C'était bien mal aisé. C'était encore à ce moment là les débuts du bouddhisme en France et cela s'intégrait comme cela pouvait collectivement. Dans ma famille c'était mal vu. C'était perçu comme douteux, comme tout ce qui est religieux. Maintenant, on dirait que les échanges et les mélanges se sont produits de sorte que les influences se croisent d'un coté comme de l'autre, le Bouddhisme et la méditation pénétrant les méthodes thérapeuthiques et la psychanalyse pénétrant les concepts bouddhistes.   

     

     

     

  • Psychanalyse et non dualité

          Psychanalyse: une thérapie pas facile mais toujours révolutionnaire

        La psychanalyse non-duelle,  bien qu'elle trouve sa spécificité dans cette approche, dont nous nous pouvons dire qu'elle est "méditative",  n'en demeure pas moins de la Psychanalyse. Mais qu'est ce que la psychanalyse? En quoi se différencie-t-elle des autres thérapies en vogue ?  A quoi peut-elle bien être utile? Elle semble avoir perdue ses lettres de nobesse depuis vingt ans, ayant cédé du terrain aux thérapies cognitives brèves, à l'hypnose et aux soins de bien-être.  Savons nous encore de quoi il en retourne dans cette pratique? Comment elle a révolutionné le monde, et comment elle peut toujours bouleverser le regard que l'on porte sur la maladie psychique, apportant des réponses à celui ou celle qui souffre au-delà de ce qu'il croit savoir sur lui-même, sur la façon dont il fonctionne dans le monde. et à ceux qui s'éduquent à cette profonde intelligence du "corps vivant au sein du langage".  

      La psychanalyse est toujours aussi révolutionnaire, c'est pour cette raison d'ailleurs qu'elle est insidieusement repoussée dans l'ombre du refoulé collectif. Jadis c'était en partie à cause de la sexualité et de l'hypocrisie qui trouvait son comble au moment où la psychanalyse émergea comme science. Désormais c'est parce qu'elle pointe un espace essentiel, au-delà des apparences, des choses, des images vides, là où justement, personne ne veut regarder. Elle questionne  ces évidences qui transmigrent à partir du discours, celui de la société, celui de la famille et celui que dont on hérite et que l'on perpétue aveuglément dans notre vie quotidienne. Une pensée, des mots que l'on croit nôtres mais qui ne le sont pas ou pas seulement. 

      Dans notre époque, il est aisé de constater la fragmentation des activités; le sentiment d'avoir très peu de temps et la pression confuse que l'individu ressent quant à l'obligation de "se réaliser", de s'épanouir, de s'accomplir, de goûter immodéremment à tous les domaines d'activités devenus, follement des droits. Quelque chose pousse en avant, à toujours plus, "plus de jouir". L'assertion collective pousse l'individu à s'arnacher d'objets en tous genres, d'activités en tous genres. Ainsi appareillé des choses, il doit légitimer son existence par un plus d'existence, comme "plus d'objets". La  marque de ce "plus" signifié par cette recherche du résultat immédiat, de l'obtention immédiate.

       La cause

       La pratique de la psychanalyse est tout d'abord de prendre à revers cette quête du résultat immédiat. En cela, elle se différencie des autres thérapies qui visent à modifier un comportement pour le rendre plus efficient dans un contexte normatif. Il ne s'agit pas de critiquer de façon facile ces thérapies brèves qui ont à coup sûr leur utilité et aident à apaiser bien des souffrances dans un "vivre ensemble". Cependant, pour qui cherche à vraiment entendre et comprendre ce qui est en jeu dans la souffrance psychique, pour l'individu et pour la société, il n'est pas possible de croire que l'on puisse solutionner durablement les souffrances existentielles en trois ou quatre séances, avec quelques exercices si bénéfiques soient- ils sur le moment et en terme de santé générale.

      La pratique de la psychanalyse s'apparente à une exploration de l'être, dans sa pluridimensionnalité et sa singularité. Le terme d'"exploration "renvoie non pas à l'application d'un "savoir" afin d'éliminer un signe de détresse, mais plutôt un regard absolument neuf, une écoute neuve, portée à chaque fois sur ce qui est exprimé de la cause voilée de cette douleur d'être,  le signe non seulement d'une détresse, mais d'abord d'un désir de vivre, contré dans ce qu'il a de plus original.

    La question de la cause de la souffrance est au coeur de cette exploration. C'est d'ailleurs en cela que la psychanalyse s'apparente à la pratique de la non- dualité et à son "investigation" d'instant en instant. Dans les premiers enseignements du Bouddha, on retrouve cet intérêt porté à "la cause de la souffrance", comme la première des quatre nobles vérités de l'existence.

    Tandis que les thérapies cognitves et comportementales visent à modifier "les effets" de la souffrance, la psychanalyse s'intéresse à la cause. Elle ne cherche pas, en premier lieu à se débarasser de l'effet de la souffrance ( le symptôme) mais à en "lire" le sens profond et caché. Ce n'est que parce que ce sens caché aura été "entendu" que l'effet pourra se résorber de lui-même, sans forçage, sans remplacement, sans escamotage ou évitement, sans construction et rajout. Encore une fois, il ne s'agit pas de s'opposer aux théapies comportementales, car elles ont leur efficience, mais de s'interroger jusqu'à la racine du mal et du concept même de "guérison", qui laisse aussi bien souvent libre cours à toutes sortes de mystifications et abus.

        Entendre ce qu'on entend pas d'ordinaire, voir ce que l'on ne voit pas d'ordinaire 

       Dans le continum du quotidien, nous n'avons pas l'espace pour "entendre" ce que nous disons. Pas non plus pour entendre ou écouter les autres. Il est aisé de constater combien les conversations brillent par leur superficialité, car nul n'écoute vraiment la parole de l'autre, ce qu'il veut vraiment dire et ce qu'il y a d'urgent à dire. Encore faudrait-il avoir le désir de rencontrer l'autre véritablement.  Il faudrait d'abord se poser un peu en soi-même pour se demander (aux uns et aux autres) le sens des mots que l'on emploie, qui différe selon les individus, leur culture, leur compréhension, leur histoire. Nous pourrions ainsi demander:  "qu'est ce que tu entends par ce mot ?" Histoire d'être sûr de commencer une conversation sur un consensus commun, et pas, chacun parlant à hue et à dia à partir d'une réalité de vouloir dire nébuleux et d'outils sémantiques approximatifs . Ce serait là un bon début  pour rencontrer la réalité de l'autre, de soi, et de la relation humaine. Il faut croire que cela ne va pas de soi, même pour des personnes éduquées à la psychanalyse ou au travail intérieur, qui, si tôt quitté le cabinet, redeviennent paresseux de cet effort nécessaire pour écarter l'aveuglement ordinaire. Françoise Dolto et Jacques Lacan insistaient pour que ce travail, cette discipline se poursuivent assiduement dans la vie de tous les jours; que l'on aie de cesse d'interroger le vouloir de l'autre (et l'autre en soi), ce vouloir profond voilé par la superficialité ambiante. Les mots sont porteurs d'une signification différente pour chacun. Ils véhiculent des images, et des associations d'images qui varient selon les individus, la culture à laquelle ils appartiennent. Il nous revient de faire cet effort de revenir à l'origine des sens qu'ils contiennent, et de dégager le sens particulier de celui ou celle qui parle. On voit bien qu'il ne s'agit pas de s'en référer à une norme comme si elle était le but à atteindre de toute conversation, mais au contraire, de l'utiliser pour définir en quoi nous sommes tous infiniment différents et riche de cette différence.   

        Tolérance

         Nous n'imaginons guére combien il est difficile d'apprendre à être tolérants. Nous pensons, bien rapidement que cela va de soi, à partir d'une vague idée démocratique ou idéale. Or, il n'y a rien de plus ardu que d'accueillir la différence de l'autre. Cela demande aupréalablement d'avoir interrogé ce en quoi, nous-même nous émergions de la confusion en tant qu'un être fondamentalement différent et singulier, d'un espace de possibles et de mystère. Cela s'impose, d'autant plus douloureusement que nous sommes des êtres sociaux, et cela depuis des millions d'années, désirant nous conformer aux lois de la vie en groupe. La vie formelle, elle même cherche à se reproduire. Il y a là une contradiction dans ce qu'elle s'exprime selon les espèces dans une recherche effrenée de la ressemblance, et à la fois dans la réalité de la singularité des individus qui lui permet de ne pas se pétrifier, mais au contraire de continuer à évoluer.

      Cette double nature des opposés, se retrouve dans le processus de développement psychique, et dans l'interdit de l'inceste. Celui ci, serait un "entre soi" qui favoriserait la ressemblance et l'identique , mais il est contrecarré par la dimension "accidentelle" et "potentielle" de la rencontre avec l'inconnu de l'autre, elle-même encouragée par les hautes valeurs du clan et par le préssentiment d'une créativité nécessaire à la survie de l'espéce.

      Nous comprenons donc pourquoi la tolérance nous est si difficile, car elle met en jeu l'inconnu que porte la singularité de l'autre, et l'angoisse qu'il suscite comme marque du devenir incertain. La tolérance est une nécessité ontologique. Elle existe même entre des espèces fort différentes, qui intéragissent et collaborent souvent entre-elles. Je donne pour exemple les buffles avec les garde-boeufs, où l'on peut constater que des mammifères peuvent faire alliance avec des oiseaux, ou même les plantes qui utilisent les insectes pollinisateurs pour assurer leur dissémination. Il ne serait donc pas insensé d'attendre des êtres humains qu'ils s'éduquent en vue de cette initiation à l'altérité comme elle serait la meilleure chance de sa survie et de son développement.     

     Cette réfléxion nous conduit à comprendre comment la psychanalyse, dans son exploration du vivant et de l'aspect subtil de ses expressions multiple, vient donner à la recherche exploratoire une dimension qui n'enferme pas l'individu dans sa prison douloureuse et temporaire, mais lui offre la possibilité de se concevoir dans un espace infiniment plus grand et plus riche que ce  dont il avait l'expérience. Cette ouverture de concience, seule peut amener une véritable libération; si par "libération" on entend qu'il faille sortir de sa prison.

      

     

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